Joël de Rosnay et le surf : le pionnier du surf français et sa philosophie de la glisse
Joël de Rosnay fait partie des quatre premiers surfeurs français, initiés à Biarritz en 1957.
- Initiation à Biarritz en 1957, aux côtés de trois autres pionniers.
- Planches importées des États-Unis, de Californie et d’Hawaï.
- Création du Waikiki Surf Club en 1959, premier club français.
- Participation à la première compétition européenne en 1960.
- Surfe encore à plus de 82 ans, avec l’objectif de continuer jusqu’à 95 ans.
- Évite les vagues de plus de 2 mètres, une consigne attribuée à son épouse.
Pionnier du surf français : de Biarritz 1957 à surfeur à plus de 80 ans
- Initiation à Biarritz : découverte du surf lors d’un été sur la côte basque, aux côtés de trois autres initiés.
- Planches importées des États-Unis : le matériel arrive alors directement de Californie et d’Hawaï, introuvable en France.
- Un des quatre premiers initiés : le petit groupe pose les bases du surf hexagonal avant même qu’il ne devienne un sport reconnu.
- Première compétition européenne en 1960 : il participe aux tout premiers contests officiels organisés sur le Vieux Continent.
- Création du Waikiki Surf Club en 1959 : le premier club de surf français voit le jour grâce à cette petite équipe de passionnés.
- Surfe encore à plus de 82 ans : sa longévité sportive impressionne et son objectif affiché est de continuer jusqu’à 95 ans.
Ces six repères résument une trajectoire hors norme : celle d’un scientifique qui a transformé une passion d’adolescent en art de vivre durable. Dès les années 1950, le surf n’existe quasiment pas en France. Les rares planches disponibles viennent d’outre-Atlantique et se comptent sur les doigts d’une main.
Faire partie des quatre premiers initiés à Biarritz n’a donc rien d’anecdotique. C’est un acte fondateur. Quelques années plus tard, la création du Waikiki Surf Club à Biarritz structure la discipline et rassemble les curieux. La première compétition européenne marque ensuite le passage d’une pratique confidentielle à un véritable sport organisé.
Plus surprenant encore : Joël de Rosnay surfe toujours après 80 ans. Sa règle personnelle est simple, il évite les vagues de plus de 2 mètres, une consigne qu’il attribue volontiers à son épouse. Cette longévité sportive n’est pas un hasard, elle découle d’une hygiène de vie stricte et d’une curiosité constante pour les mécanismes du vivant.
Œuvres et publications : du Macroscope au Petit éloge du surf

Les livres scientifiques fondateurs
Avant de devenir une figure de la glisse, Joël de Rosnay s’est fait connaître par une œuvre scientifique exigeante. Son tout premier ouvrage, Les Origines de la vie, paraît en 1966, quelques années seulement avant son départ pour les États-Unis. Il y pose déjà les bases de son intérêt pour la biologie et l’apparition du vivant.
Son livre le plus célèbre reste Le Macroscope, publié en 1975. Cet essai fondateur sur l’approche systémique lui vaut le prix de l’Académie des sciences morales et politiques. L’ouvrage propose de regarder le monde dans sa globalité plutôt que de le découper en fragments.
Autre titre marquant, La Malbouffe, écrit en 1979 avec Stella de Rosnay, alerte le grand public sur les dangers d’une alimentation industrielle bien avant que le sujet ne devienne central.
Les ouvrages sur la longévité et le surf
Plus tard, Joël de Rosnay prolonge sa réflexion sur le corps et le temps. Dans Une vie en plus, il explore la longévité à quatre mains, en s’appuyant sur les apports de l’épigénétique et de la performance.
Avec le Petit éloge du surf, il change de registre et raconte sa passion pour la glisse. Ce récit personnel relie sport, philosophie et hygiène de vie. On y retrouve l’idée que l’on peut glisser dans la vie sans se heurter aux obstacles, un fil rouge qu’il applique autant à sa carrière qu’à ses sessions dans les vagues.
Biographie et origines : de l’île Maurice à l’Institut Pasteur
Joël de Rosnay naît sur l’île Maurice au sein d’une famille de planteurs de canne à sucre, les Fromet de Rosnay. Son père, Gaëtan de Rosnay, est un peintre franco-mauricien, et sa mère, Natacha Koltchine, est née à Saint-Pétersbourg. La famille s’installe à Paris dès 1945, où le jeune Joël grandit entre culture artistique et curiosité scientifique.
Devenu docteur ès sciences, il se spécialise en chimie organique et en chimie prébiotique, s’intéressant aux origines de la vie. Cette double culture, scientifique et littéraire, façonnera toute sa carrière. Sa fille, Tatiana de Rosnay, est aujourd’hui une romancière reconnue, prolongeant une lignée familiale marquée par la création.
Son parcours le mène ensuite aux États-Unis, puis à l’Institut Pasteur, où il dirigera les applications de la recherche. Cette trajectoire singulière, de l’océan Indien aux grands laboratoires parisiens, explique en partie son regard unique sur le surf, à la croisée du corps et de l’esprit.
Philosophie et hygiène de vie : glisser sans se heurter aux obstacles
Pour Joël de Rosnay, le surf n’est pas un simple sport : c’est un paradigme de la glisse qu’il applique à toute son existence. Sa formule résume tout : « Glisser dans la vie, c’est ne pas se heurter aux obstacles. » Une manière d’avancer avec souplesse, sans forcer, en s’adaptant à la vague plutôt qu’en la combattant.
Cette philosophie s’accompagne d’une hygiène de vie rigoureuse : alimentation, longévité, entretien du corps et de l’esprit. Il aime rappeler que « dans ma tête j’ai une cinquantaine d’années », un décalage assumé entre l’âge réel et l’élan intérieur. Il explore aussi l’épigénétique et les leviers concrets de la performance durable.
Ce qui le motive reste constant : le dépassement des limites, intellectuelles, physiques et sportives. Une curiosité qui transforme chaque vague en laboratoire personnel, et chaque décennie en invitation à continuer de progresser.
Carrière scientifique et travaux : biochimie, systémique et innovation
Parcours académique et recherche au MIT
Docteur ès sciences spécialisé en chimie organique et prébiotique, Joël de Rosnay publie son premier ouvrage scientifique, Les origines de la vie, dès 1966. Ce travail de recherche le conduit naturellement vers les États-Unis, où il devient enseignant-chercheur au MIT de 1967 à 1975, après un post-doc entamé la même année 1967.
Au sein de ce laboratoire de pointe, il travaille à la croisée de la biochimie et de l’informatique, une double compétence rare à l’époque. Cette approche hybride nourrit sa réflexion sur les systèmes complexes, qu’il formalise plus tard dans Le Macroscope, publié en 1975 et récompensé par l’Académie des sciences morales et politiques.
Direction à l’Institut Pasteur et entrepreneuriat
De retour en France, il prend la direction des applications de la recherche à l’Institut Pasteur, fonction qu’il occupe de 1975 à 1984.
- Directeur applications recherche Pasteur, il pilote le transfert des découvertes vers l’industrie.
- 1975 à 1984, neuf années au cœur de la recherche biomédicale française.
- Fondateur de Cybion en 1994, société spécialisée dans l’intelligence économique.
- Président Biotics International, structure dédiée aux biotechnologies.
- Directeur prospective Cité des Sciences, fonction tenue jusqu’en juillet 2002.
FAQ
Joël de Rosnay est-il encore capable de surfer aujourd’hui ?
Oui. Il continue de surfer au-delà de 80 ans et se fixe un objectif personnel : surfer jusqu’à 95 ans. Il a même intégré le Team Surf Prevention à 75 ans, preuve que la passion reste intacte.
Quel âge avait Joël de Rosnay lorsqu’il a découvert le surf ?
Il découvre le surf à Biarritz en 1957, alors qu’il n’est encore qu’un adolescent. Les planches, importées des États-Unis, sont alors quasi introuvables en France.
Comment Joël de Rosnay définit-il sa philosophie de vie liée au surf ?
Pour lui, « glisser dans la vie, c’est ne pas se heurter aux obstacles ». Il résume son état d’esprit en une phrase : dans sa tête, il a une cinquantaine d’années.
Quels sont les livres de Joël de Rosnay consacrés au surf ?
Il signe Petit éloge du surf, un récit intime sur sa passion. Son ouvrage Une vie en plus, consacré à la longévité, éclaire aussi sa pratique sportive.
Comment Joël de Rosnay a-t-il contribué au développement du surf en France ?
Il fait partie des 4 initiés formés par Peter Viertel à Biarritz. Il participe ensuite à la création du premier club de surf en France, le Waikiki Surf Club, et prend part à la première compétition officielle en Europe en 1960.
Pour prolonger la visite
Le mot surf vient de l’anglais et désignait à l’origine la vague déferlante, avant de glisser vers le numérique. Autre figure marquante, Philippe Alonso a marqué l’histoire du kneeboard avec neuf titres de champion de France et un travail de shaper reconnu, jusqu’à son décès en 2024.
