Attaque de requin 2025 : le bilan mondial et australien, chiffres, causes et prévention
L’Australie enregistre quatre décès par attaque de requin depuis fin décembre, un record mondial.
- Trois morts début 2025 sur les côtes australiennes.
- Surfeur tué à Wharton Beach le 11 mars.
- Fille de 17 ans tuée le 3 février.
- Surfeur de 28 ans attaqué le 2 janvier.
- Les surfeurs constituent la majorité des victimes.
- Le risque touche plusieurs régions, pas une seule.
Attaques de requins en Australie : le bilan 2025
- Trois morts début 2025 : l’Australie enregistre sa 3e attaque mortelle depuis le début de l’année.
- Surfeur tué à Wharton Beach : le 11 mars, un surfeur perd la vie sur la côte ouest.
- Fille de 17 ans tuée : le 3 février, une jeune fille est victime d’une attaque mortelle.
- Surfeur attaqué le 2 janvier : un homme de 28 ans est attaqué en Australie du Sud.
- Planche retrouvée marquée : l’embarcation porte des traces de morsure confirmant l’attaque.
Un début d’année meurtrier sur les côtes australiennes
L’Australie concentre l’essentiel des attaques mortelles recensées cette année. Avec quatre décès depuis le 28 décembre, le pays devient le point chaud mondial des morsures de requin. Ce chiffre dépasse largement la moyenne habituelle et place les côtes australiennes sous surveillance renforcée.
Les victimes sont majoritairement des surfeurs, une population particulièrement exposée car elle passe de longues heures dans l’eau, souvent au-delà des zones surveillées. Le 2 janvier, un surfeur de 28 ans a été attaqué en Australie du Sud, confirmant que le risque ne se limite pas à une seule région.
Wharton Beach et le drame du 11 mars
Le 11 mars, un surfeur a été tué à Wharton Beach, sur la côte ouest du pays. Ce site, prisé pour ses vagues, rejoint la liste des zones où un accident mortel s’est produit. La planche retrouvée avec des marques de morsure a permis aux autorités de confirmer rapidement la nature de l’attaque.
Quelques semaines plus tôt, le 3 février, une fille de 17 ans a perdu la vie dans des circonstances similaires. Ces deux drames rapprochés illustrent la vulnérabilité des baigneurs et surfeurs face à des prédateurs qui fréquentent les mêmes eaux.
Morsures provoquées et non provoquées : la distinction officielle

Pour comparer les chiffres d’une année à l’autre, l’International Shark Attack File (ISAF) classe chaque incident en deux catégories. Une morsure non provoquée survient lorsque la victime n’initie aucun contact avec l’animal : nage, surf, plongée ou simple baignade. C’est cette catégorie qui sert de référence statistique mondiale.
À l’inverse, une morsure est dite provoquée quand le comportement humain déclenche la réaction : nourrissage de requins, harponnage, tentative de capture ou manipulation d’un animal acculé. Ces incidents sont recensés séparément, car ils faussent la lecture du risque réel encouru par un baigneur ordinaire.
Cette classification exclut aussi les attaques sans blessure et celles qui n’endommagent que le matériel, comme une planche ou un kayak. Seules les morsures ayant touché une personne sont comptabilisées, ce qui explique pourquoi les deux bases de données de l’ISAF ne se recoupent pas toujours.
Pourquoi un requin attaque-t-il l’homme : les causes réelles
Défense, territorialité et frénésie alimentaire
- Animal acculé : un requin capturé, harponné ou coincé se défend par morsure réflexe.
- Requin gris territorial : cette espèce protège son espace contre les intrus, plongeurs compris.
- Shark feeding : nourrir les requins lève leur inhibition envers l’homme.
La défense est le scénario le plus simple à comprendre : un requin qui se sent piégé, par un filet, une ligne ou un plongeur trop proche, mord pour se dégager et non pour se nourrir. Ce réflexe concerne surtout les espèces côtières fréquemment croisées par l’homme.
La territorialité joue un rôle chez certains requins de récif, notamment le requin gris et le requin à pointes blanches, qui patrouillent un secteur précis. La frénésie alimentaire intervient quand plusieurs requins se nourrissent en même temps : la compétition accélère les mouvements et rend les morsures moins sélectives.
L’hypothèse d’un requin qui chasse l’homme pour se nourrir reste marginale : la chair humaine n’apporte pas l’énergie qu’un prédateur recherche, riche en graisses marines.
Erreur d’identification et morsure de curiosité
Sur une planche de surf ou dans une eau trouble, une silhouette allongée peut évoquer une otarie ou un phoque, proies naturelles du grand requin blanc. La morsure d’exploration suit souvent cette confusion : le requin teste, puis relâche quand il comprend son erreur, ce qui n’empêche pas des dégâts graves compte tenu de sa mâchoire.
Le requin tigre, surnommé la poubelle des océans, mord aussi par simple curiosité face à un objet inconnu. Ces deux cas expliquent une grande partie des morsures non provoquées, sans qu’il y ait de réelle intention d’attaque.
Morsures de requins dans le monde : les chiffres 2025
Le compteur mondial des morsures non provoquées affiche 65 cas pour l’année écoulée. Un total nettement inférieur à la moyenne décennale de 72 morsures, ce qui confirme une tendance globale à la baisse malgré la médiatisation de certains drames. Ces données, compilées par l’International Shark Attack File (ISAF), servent de référence scientifique pour analyser la répartition géographique du phénomène.
| Zone géographique | Morsures recensées | Statut du hotspot |
|---|---|---|
| Floride (États-Unis) | 11 | Zone la plus touchée au monde |
| Comté de Volusia | 6 | Point chaud récurrent |
| Long Island (New York) | 1 | Cas isolé |
| Australie | Plusieurs cas mortels | Hotspot mondial |
La Floride concentre à elle seule 11 morsures, ce qui en fait la région la plus active de la planète. Le comté de Volusia, sur la côte est de l’État, totalise 6 morsures et reste un point chaud historique, porté par une eau chaude, une forte fréquentation balnéaire et une faune marine riche.
À l’opposé, Long Island dans l’État de New York n’enregistre qu’une seule morsure, preuve que ces incidents restent rares sur la côte nord-est américaine. Ces chiffres montrent aussi que le nombre de morsures n’est pas corrélé au nombre de morts : la majorité des cas concernent des blessures non létales.
Carte mondiale des zones d’attaques de requins
La répartition géographique des morsures de requins n’a rien d’aléatoire : elle suit les zones de forte fréquentation humaine, les eaux chaudes et la présence naturelle de grands prédateurs. Voici les régions qui concentrent l’essentiel des signalements.
- Floride, zone la plus touchée : 11 morsures recensées, un total sans équivalent mondial.
- Comté de Volusia, point chaud récurrent : 6 morsures à lui seul, soit plus de la moitié du total floridien.
- Australie, hotspot mortel : plusieurs attaques fatales depuis le début de l’année, dont Wharton Beach sur la côte ouest.
- La Réunion, zone à risque référencée : eaux profondes et turbides au large, forte pression des activités nautiques.
- Long Island (New York) : 1 seule morsure, preuve qu’un incident isolé peut survenir hors des zones habituelles.
Ces chiffres dessinent une géographie mondiale très inégale. La Floride cumule les facteurs de risque : eaux chaudes toute l’année, surf et baignade massifs, faune marine dense. Le comté de Volusia reste le symbole de ce phénomène, avec une récurrence qui en fait le secteur le plus surveillé de la planète.
L’Australie présente un profil différent : moins de morsures totales, mais une létalité nettement supérieure. La présence de grands requins blancs près des plages fréquentées explique cette dangerosité accrue. La Réunion, de son côté, figure parmi les zones surveillées de l’océan Indien, où les eaux troubles compliquent la visibilité des nageurs comme des prédateurs.
Un point commun relie ces régions : la proximité entre activité humaine et habitat de requins. Aucune de ces côtes n’est un couloir d’attaque permanent, mais chacune réunit les conditions propices à une rencontre.
Top 10 des requins les plus dangereux
Les trois espèces les plus impliquées
- Grand requin blanc premier : capable de dépasser 5 mètres, responsable du plus grand nombre de morsures mortelles répertoriées
- Requin tigre deuxième : surnommé la poubelle des océans, se nourrit de tout et fréquente les eaux tropicales
- Requin bouledogue troisième : remonte les fleuves et estuaires, y compris en eau douce
Le grand requin blanc (Carcharodon carcharias) arrive en tête du classement mondial des attaques répertoriées. Sa technique de chasse par attaque verticale et sa capacité à confondre un surfeur avec une otarie en font l’espèce la plus dangereuse pour l’homme. Il est présent dans les eaux tempérées froides, notamment au large de l’Australie, de l’Afrique du Sud et de la Californie.
Le requin tigre (Galeocerdo cuvier) se distingue par un régime alimentaire extrêmement varié, d’où son surnom de poubelle des océans. Il mord par curiosité exploratrice, souvent en eaux troubles, ce qui complique l’anticipation. Le requin bouledogue (Carcharhinus leucas) est le seul grand requin capable de vivre durablement en eau douce, ce qui le rend particulièrement imprévisible dans les estuaires et les zones hyposalines.
Le reste du classement et ses limites
Vient ensuite le requin taureau (Carcharias taurus), quatrième du classement par nombre d’attaques répertoriées. D’autres espèces comme le requin à pointes blanches ou le requin gris complètent la liste. Ce classement reste néanmoins approximatif : il dépend de la fiabilité des déclarations et du nombre de baigneurs exposés dans chaque zone.
Une espèce rarement impliquée dans une région très fréquentée peut ainsi devancer un prédateur plus dangereux mais vivant loin du public. La fréquence de contact avec l’homme pèse autant que l’agressivité naturelle du requin.
Comment réduire le risque d’attaque de requin
La prévention repose d’abord sur le comportement. Éviter les eaux troubles, les estuaires et les eaux hyposalines réduit fortement le risque de confusion avec une proie. Il faut aussi éviter le shark feeding, qui provoque une perte d’inhibition des requins et les associe durablement à la présence humaine.
Côté dispositifs, les filets de protection restent controversés : ils capturent de nombreuses espèces non ciblées et coûtent cher à entretenir. Le Shark Shield, répulsif électrique, n’a pas une efficacité totalement reconnue. Les combinaisons rayées peuvent éloigner certains prédateurs, sans garantir une protection absolue.
Enfin, la prise en charge précoce d’une morsure conditionne largement la survie : compression immédiate, alerte rapide des secours et évacuation vers un centre adapté. Surfer en groupe, rester près du bord et respecter les consignes locales complètent ces réflexes de base.
